Le droit d’auteur est confronté à de nombreux défis dans le monde connecté des réseaux numériques. Parmi ces défis (qui ne peuvent pas faire l’objet d’une analyse systématique dans la présente contribution) figure en particulier celui des modalités de gestion des droits (individuelle ou collective), la gestion collective devant trouver le moyen de mettre en œuvre des tarifs qui soient en adéquation avec une réalité technologique et commerciale en mutation constante. Le rôle des intermédiaires constitue un autre défi important, et ce non seulement sous l’angle de leur responsabilité éventuelle, mais également dans la perspective d’une exploitation optimalisée de leurs spécificités dans l’intérêt des parties prenantes (en particulier des titulaires de droits). Le monde connecté suppose aussi d’élaborer un régime qui permette de gérer la circulation des biens numériques, soit la capacité des utilisateurs de transférer à des tiers les biens numériques qu’ils ont obtenu et dont ils souhaitent se défaire. Les réseaux numériques reflètent par ailleurs de façon exemplaire le phénomène de l’innovation ouverte, qui repose sur des interactions étroites et multiples entre les acteurs du marché, qui recherchent l’innovation chez autrui (inbound open innovation) et explorent des canaux externes pour diffuser leur propre créativité (outbound open innovation). L’innovation ouverte crée toutefois des situations de dépendance auxquelles il faut être attentif, comme le montre la jurisprudence suisse et étrangère. Enfin, le monde connecté repose sur une architecture informatique complexe, qui met en évidence l’importance fondamentale des logiciels dans cet environnement. Or, le traitement des logiciels par le droit d’auteur reste parfois incertain. En somme, les défis actuels et futurs du droit d’auteur restent nombreux. Ils semblent en tout état inviter à revisiter le rôle des autorités, qui évolue d’une fonction de décideur à celle d’observateur ou même de médiateur et arbitre des intérêts opposés des parties prenantes. Le droit d’auteur, qui protège la créativité et l’innovation, se doit d’être lui-même innovateur pour faire face avec efficacité aux défis du monde numérique.