Le jugement rendu le 1er avril 2013 par la Cour suprême de l’Inde dans l’affaire Novartis/Gleevec a eu un important retentissement. Il a été salué par les uns, critiqué par les autres. Les premiers y voient une victoire pour les droits de l’homme en général et les droits des patients en particulier, pour les pays en voie de développement, pour l’industrie des génériques et pour l’économie indienne. Les autres, surtout l’industrie pharmaceutique, y voient un danger pour le progrès de la recherche, pour l’investissement novateur en Inde, et à plus long terme pour les patients à travers le monde. Les perspectives des uns et des autres sont largement irréconciliables. Cependant, quelle que soit leur validité, les points de vue exprimés donnent une image faussée de l’arrêt indien; tout au plus ses partisans et ses détracteurs ont-ils visé ses implications. Il vaut dès lors la peine de se pencher sur son objet.

Das Urteil des Obersten Gerichtshofs Indiens vom 1. April 2013 in der Sache Novartis/Gleevec sorgte für grosses Aufsehen und hat ebenso viele Befürworter wie Kritiker gefunden. Die Befürworter sehen darin einen Sieg für die Menschenrechte im Allgemeinen und für die Rechte von Patienten im Besonderen ebenso wie für Entwicklungsländer, für die Generika-Industrie und die indische Wirtschaft. Die Kritiker, wozu insbesondere die pharmazeutische Industrie zählt, sehen darin eine Gefahr für den Fortschritt in der Forschung, für innovative Investitionen in Indien und langfristig für Patienten weltweit. Die Ansichten beider Seiten sind weitgehend unversöhnlich. Unabhängig von ihrer Begründetheit zeichnen die Ansichten der Befürworter und Kritiker jedoch ein verfälschtes Bild vom indischen Urteil, beziehen sie sich doch einzig auf dessen mögliche Auswirkungen. Es lohnt sich indessen, sich vertieft mit seinem Inhalt auseinanderzusetzen.

Valérie Junod | 2013 Ausgabe 6